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Ô mon amour, je veux t'aimer.

Publié le par modimodi

 

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

Comme les oiseaux fidèles

Au rendez-vous des arbres,

Dans la muraille des feuillages,

Dans la déchirure des écorces,

Dans la morsure des racines,

Dans les derniers fruits de l'automne,

Entre les bras nus de l'hiver.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Et m'endormir entre tes mains,

Murmures de sable au creux des houles.

Je veux me couler en tes doigts,

Langues de feu et de soleil.

Je veux m'envoler dans le vent

Aux voyelles de brume

De tes yeux bleu-marine.

 

Entends-tu battre la mer

Et emporter, glissant vers toi,

Mes émois et ma fièvre

En plaintes obsédantes,

En vagues impatientes ?

Hormis au sablier,

Où va le grain de sable ?

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

D'aubes en crépuscules,

D'aurores en pluie d'étoiles.

Ouvre-moi les ténèbres,

Déchire-moi la nuit,

Délivre la lumière,

Incendie l'univers,

Mon cri emplit l'espace !

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Je veux me rouler en ton ciel,

Me laisser embraser au feu de tes désirs,

Éclater, crépiter en gerbes d'étincelles.

Je veux mourir entre tes bras,

M'oublier en ton cœur,

Volcan mémoire de notre amour.

 

Ô mon amour, prends-moi,

Contre moi, serre-toi!

Je frissonne, j'ai froid.

Donne-moi de ce feu,

Conservé dans les braises

De ton corps extasié...

 

Ô ma lueur de l'infini,

Toi, ma flamme éternelle,

Quand tout s'achève,

Tu jaillis et renais,

Illuminant la voie lactée

De nouvelles promesses.

 

Ô mon amour, je t'aime

Et chante par tes lèvres,

La source qui bleuit

Aux cendres du matin.

 

SECOND POÈME

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

 

Je t'aime sans le dire,

Je t'aime sans le vouloir,

Je t'aime au désespoir

De ne plus le savoir.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Dans ce jour qui renaît,

De pâles asphodèles

Étoilent entre tes cils.

Tes yeux savent les mauves 

D'anémones marines

Et tes lèvres décloses 

Libèrent un camélia.

De ton corps éveillé,

L'aube vient de glisser

Comme le sang des œillets.

 

Ô mon amour, tu m'attires,

Je m'embrase, te désire.

A la clarté du jour, tu offres

Un ciel de gentiane et de lin.

Une écharpe d'iris 

Flotte sur tes épaules,

Tes mains palpitent 

De mille giroflées.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer !

Mes désirs carillonnent

Comme des campanules.

Les roses ancolies

Frissonnent sur ta peau,

Ô extase odorante

De cannelle et lavande!

Je voudrais cueillir sur tes lèvres

Le rouge de ta bouche fraise.

 

Enfin ! Amour ! Tu y consens,

Tu as dit oui à ton amant !

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins,

Des pavots fascinés

T'éclatent au creux des reins.

Ton corps de primevère

M'offre son gai printemps

Et le soleil est soûl 

De sauter les genêts.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Ton corps de Floréal

A parfumé le jour.

De grands oiseaux s'envolent

D'un ciel de chèvrefeuille.

Nos peaux se frôlent,

S'entrelacent et se tressent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

Nos cœurs sont des bleuets

D'azur et de liberté.

Vois ! Je vis, je renais !

 

Enfin Amour, je peux t'aimer !

Ton corps de Floréal

A incendié le jour de mille et une gerbes

De feux et de tisons, 

Ton corps de Floréal

A parfumé l'azur de mille et un bouquets 

De parfums enivrants.

 

J'avais oublié

Ce goût du baiser,

Rouge de framboise, 

De fraise écrasée.

 

J'avais oublié

Le chant du grillon

Réveillant d'ardeur

Nos rêves fripons,

Ondulant nos corps,

Grains lourds de moissons,

Aux épis dorés,

Craquant de frissons.

 

Ô mon amour enfin,

Je sais t'aimer d'amour !

L'ardeur verse en nous,

Ses ors d'élixir.

Je viens de goûter

L'opium du plaisir.

 

Je peux délirer,

Brûlant de désirs,

Entendre tes cris, 

Tes chants, tes soupirs,

Trembler, défaillir,

Aimer et mourir !

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