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Alimentaire, mon cher Watson ! 2/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald...

Pris par surprise alors que j'étais en filature sur les docks, je me fais cuisiner par trois affreux marmitons qui veulent me faire cracher le morceau ! Ces mauvais cuistots ne le sont plus quand il s'agit d'appliquer les recettes raffinées des supplices gourmands de douleurs ! Je suis farci comme une tourte !

Je leur dis, tout de go :

- "Écoutez, les gars, on ne va pas se brouiller ! Vous n'allez pas en faire tout un plat et tuer dans l’œuf ma carrière de détective. J'ai les idées en omelette déliquescente, les lèvres baveuses et les yeux enfoncés dans le soufflé. J'ai autant de ressort qu'un vieux flan et autant de pep's qu'un lokoum ! J'ai la tête comme une meringue !

Voilà douze heures que vous me cuisinez. Je vous ai dit que je n'avais pas de complice. Je ne connais pas de Curnonsky et je ne suis jamais allé rue Brillat-Savarin. Je n'ai pas fait d'aller-retour Paris-Brest et je n'ai pas habité le faubourg Saint Honoré ! J'ai depuis une heure un mille-feuilles de mêmes réponses et mon compte de plaisirs ! Cessez de me faire pétrir la brioche par ce moule à gaufre et par ce gros bras en rouleau de pâtisserie. Je suis confit comme un clafoutis et en miettes comme un crumble.

Voyez, j'ai d'ailleurs pris plus de coups dans le buffet par cette armoire à glace qu'il n'y a de saints au calendrier. Je veux bien être bonne pâte mais vous me les brisez. Je suis dans le pétrin ! Je ne le sais que trop depuis que vous me malaxez les phalanges. J'ai la patte brisée. Arrêtez donc de me filer des macarons et des gros massepains. Je suis comme un pain perdu et je ressemble à un pudding trempé dans un tiramisu !

Constatez, j'ai déjà pris pas mal de tartes. J'ai les joues plus fouettées qu'une crème aux beurres et les os en compote. Si vous n'arrêtez pas de me claquer le beignet, je finirais par tomber dans les pommes. Alors, assez de bugnes et de coups fourrés, lâchez-moi les chaussons ! Je n'ai jamais rencontré cet Apfelstrudel ni ce Kouign amann qui se cacheraient en forêt noire dans la planque du prince Stroganov.

C'est sûrement bête comme chou, mais je me fais religieuse, si je sais qui a filé avec la recette du dernier casse. Alors arrêtez de me bassiner, je suis fatigué comme une salade lyonnaise et je n'ai plus un radis. Je suis raide, sans la moindre galette. Je suis plus fauché qu'un mendiant. J'ai flambé hier, mon dernier dollar au poker."

En un éclair, un de ces tranche-lard à l'air sadique me saisit à la gorge.

- "Non mais, qu'est-ce que tu nous sers ? C'est merveilleux, j'en suis baba ! Celle-là elle est pure sucre avec cerise sur le gâteau ! Ecoutez ce jésuite ! Monsieur joue les diplomates et essaye de nous rouler dans la farine."

- "Tu oses ramener encore ta fraise !" hurle le gnome à la tête en pain de sucre.

- "Tu nous prends pour des poires ?" rugit le troisième morfalou de bourdaloues...

 

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P
Attention Archibald de ne pas finir comme "le p'tit patissier dans un puit d'amour"
(Vielle chanson populaire française)
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