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Alimentaire, mon cher Watson ! 4/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald, aux mains d'une bande de gangsters, la bande à Tony-truand. Ils lui font subir un très sale quart d'heure. Quand tout à coup, branle-bas de combat, affolement général, des sirènes de police retentissent...

Vingt-deux les gars ! J'allais peut-être pouvoir respirer. Avec la volaille au croupion, mes marmitons flingueurs ne risquaient plus de me tirer dans les plumes. J'avais un répit. Comme une oie blanche, je m'étais fait pigeonner et j'avais failli être le dindon de la farce mais j'allais pouvoir voler de mes propres ailes et me les faire, bec et ongles.

Ah ! Mes poulettes, il était dit que votre Archibald n'était pas encore fait comme un rat... Plus d'une souris vous le dira ! Aussitôt, dans ma tête, mes petites cellules grises s'activaient. Aussitôt, je gambergeais à la vitesse de la lumière.

Dès que les perdreaux entreraient pour leur tomber sur le râble, je plongerai là, de l'autre côté, par-dessus la table et je prendrai le parabellum à ce gros thon aux yeux de hareng pas frais. Je vais transformer tous ces ploucs en passoire. Je balancerai la purée, je cracherai les Valdas. Avec ma pétoire, j'enverrais les pruneaux. Gare à la sauce suprême, une épaisse sauce tomate ! Ce soir, y' aura de la viande froide en rab et de l'hémoglobine à l'égouttoir !

Pas de laisser pour contre ni de trêve pour les confiseurs ! Chacun aura sa part du gâteau. Je vais les glacer. C'est ma tournée, c'est moi qui régale, c'est Archi qui arrose ! Avec un flambeur comme moi, il faut toujours prévoir les retours de flamme. Je n'étais pas vraiment grillé. Je sais toujours mettre le feu aux poudres... Plus d'une belle allumeuse vous le dira ! Avec moi, pas d'artifice, label :  bleus garantis !

Je vais les passer au mixer, en faire des boulettes et des croquettes d'abats. Je vais tous les sulfater et si ça ne suffit pas, je les finis au coupe-choux. Je les taillade, je les embroche. Je leur taille dans le vif des croupières, je les assaisonne en carpaccio ! Ça va saigner. Archi chahute ! Archi charcute !

L'un des truands a dû lire dans mes pensées assassines. Au même moment, il me pointe du menton :

- "Qu'est-ce qu'on fait du tas de viande ?"

- "On le tranche en assiette anglaise et on le colle dans la chambre froide."

A peine avait-il terminé qu'un des fricasseurs de service m'allonge un pain Poilâne de six livres. Je m'affaisse sur le champ...

Aïe ! Ouille ! Aïe ! Aïe !... En fait, c'est mon arthrose du genou qui se réveille et me réveille, en nage, chauffé à blanc... Je n'avais que rêver... Je passe la main dans ma tignasse, je tire la langue, elle est plus chargée qu'un Beretta.

Je soulève le rideau. Il pleut sur les quais. Je me passe le visage à l'eau fraîche. Je lisse ma moustache, je chausse mes church's préférés, je prends mon feutre gris, j'enfile mon vieil Ulster, je serre ma pipe au fond de ma poche. Je sors ! On ne sait jamais !...

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