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Primaires, vous avez dit primaires ! 3/5

Publié le par modimodi

 

La démocratie ne s'use que si l'on s'en sert doivent penser les nombreux arrivistes de la politique. Les grands partis français regorgent déjà de candidats aux primaires. Tous plus talentueux et présomptueux que leurs voisins, tous plus légitimes dans leurs programmes et prétentions...

Mais surtout, tous plus légers et plus primaires que leurs challengers. Ils ont beau dire avoir sondé le terrain électoral et promis de mettre en chantier des réformes sociétales, les épures providentielles restent bien souvent approximatives. Il n'y a que leurs ambitions personnelles qui ont le feu au derrière. Les projets de nos incendiaires ne sont que des pétards mouillés et personne n'est capable de grimper sur la grande échelle des pompiers pour éteindre les flambées économiques.

Mais c'est à qui franchira le mur du son de l'arrogance et nous vendra le remède miracle à tous nos maux. Un tel enfonce des portes ouvertes, un autre sort de ses gonds, ils nous laissent des courants d'air ! Celui-ci l'accuse de déchirer le tissu économique, de jeter l'argent par les fenêtres, de plâtrer des remèdes décrépits, d'abandonner l'Europe. Celui-là tire de la crise actuelle et des réformes prises par les pays voisins, des arguments en béton pour raffermir la confiance en l'avenir et le ciment social. Tous ces maîtres-chanteurs savent faire chanter les lendemains.

A force de voir et d'entendre tous ces teigneux hirsutes, ces barbiers barbant nous bichonner et nous pommader pour quelque combine et manigance tirées par les cheveux, on a peine à croire qu'on ne cherche pas à se payer la tête de la raie publique ! Pauvres blaireaux ! C'est vrai que pour éviter demain d'être au chômage, mieux vaut avoir la gueule de l'emploi. Quitte à friser, en polémiques postiches, ce ridicule qui ne tue pas !

Ecoutez ! Regardez ! Aucun ne veut faire tapisserie au bal des pompiers. Aucun lampiste ne veut plafonner, aucun styliste ne veut descendre de son piédestal. L'enjoliveur souffle sur les nuages pour dégager l'horizon. Il ne parvient qu'à nous envoyer rêver dans le décor ou tomber plus loin dans le panneau.

Ce qui importe au candidat aux primaires, c'est de passer en prime time pour faire de l’œil au citoyen et à la caméra... Ce qui était, en son temps, évident avec un certain Jean-Marie, qui confirmait le proverbe qu'au royaume des électeurs aveugles, " les borgnes sont rois ". Alors aujourd'hui, c'est à qui nous fera son cinéma, restaurera les couleurs d'origine, recomposera le paysage en lumière naturelle, enluminera notre grisaille avec force reliefs pour estomper la platitude de ses propres propositions.

Une palette de bons sentiments, un travail d'après nature, du classique, du réaliste, du pointilliste ! Jeune ou vieux tableau, chacun est à la tâche ! Chacun s'adonne à la nuance contradictoire de l'adversaire. Il faut se distinguer, tenter de briller mais surtout, il faut savoir prendre la pose. Il faut apparaître comme la nouvelle cariatide, le candidat modèle, haut en couleurs, original. Il convient de sortir agrandi, révélé par l'épreuve.

Pourtant chacun sait que pour qu'une couleur soit primaire, il faut qu'elle ne puisse être reproduite par un mélange d'autres couleurs. En politique, cherchez l'erreur ! Ah ! Si notre drapeau national n'avait pas mis de blanc entre le bleu et le rouge !

Le reste des présentations ou proclamation n'est que caricature, esquisse, pastiche, grandes lignes en trompe-l’œil, assurances en ombre portée. Le propos est illustré à grands traits de sujets sans motifs ni perspectives, hormis le dessin d'en remettre une couche à l'huile, de la dégrader et même d'étaler à la sanguine le challenger. Et s'il le fallait sûrement, au pistolet...

 

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