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Articles avec #ardeur tag

Moisson

Publié le par modimodi

Nous nous sommes tant donnés,

De signes à nos peaux frôlées,

Nous avons tant esquissé

De gestes de plus en plus près,

Nos cœurs ont tant tournoyé

Comme des tournesols brûlés

Par la lumière de juillet…

Nous avons tant espéré !

Nous avons tant patienté !

 

Tu m'as dit : prends mon bouquet

De fleurs des champs et des prés,

Vois, nos cœurs sont des bleuets

D'azur et de liberté,

Des frissons et des sanglots,

Au rouge des coquelicots !

 

L'été dardait l'bout de son nez

Aux pointes, de tes seins cuivrés.

Les blés demain, seraient coupés…

Nos corps épis, prêts à ployer

Leurs désirs, aux grains éclatés,

Au soleil, se sont embrasés.

 

Nous nous sommes dépouillés,

Nous nous sommes effeuillés,

Comme font les marguerites,

Enfiévrés, beaucoup trop vite !

Cris et ébats sans limite,

Mots d'amour, sans fin, sans suite.

Un peu, beaucoup, pas du tout,

Plus de pétales, rien que nous…

Toi et moi, on se dissout.

 

Ton corps à moi se révèle,

Nos désirs sont en javelles.

La moisson a commencé

Nos serments, gerbes liées,

Sur les chaumes abandonnés

Annoncent la fin de l'été,

Pas de la saison d'aimer !

Nos cœurs ne sont plus en friche,

Féconds, opulents et riches !

 

L'amour est ensemencé.

L'hiver peut bien se hâter,

Nous pourrons toute l'année,

Caresses et frissons glaner,

Câlins, émois récolter,

La vie entière, ensiler

La tendresse aux grains dorés,

Douces ivresses germées

Dans tes grands yeux étoilés.

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Résurgence

Publié le par modimodi

J'ai le cœur fait d'écorce,

Que ton amour entaille,

Où ton amour prend force,

Où ma raison défaille.

 

Interdit d'avenir,

Je croyais au présent

Mais mon cœur indigent

Se donne aux souvenirs.

 

Séparés l'un de l'autre,

Sevré de tes sourires

Privé de tes fous rires,

Je ne suis plus qu'un autre.

 

Je ne prends plus la mer,

L'amour est portuaire.

Seul à l'embarcadère,

J'ai le cœur outremer,

Les désirs voyageurs,

Les rêves migrateurs,

Les minutes et les heures

Voient s'enfuir le bonheur.

 

Voué au ciel du Nord,

J'ai un voilier au port,

Où le froid pique et mord

Mon cœur sans réconfort…

 

Dans un seul de tes yeux,

Je voudrais embarquer

Vers des soleils radieux,

A jamais convoqués…

 

Et soudain, ô miracle !

L'amour est au pinacle !

Mon rêve est exaucé,

Les voiles sont dressées.

Prête à la traversée,

Tu m'offres l'Odyssée.

 

Je plonge au firmament

Des étoiles de mer.

J'y vois du bleu, du vert,

Saphirs et diamants,

Brillants jusqu'au gréement.

FIN

 

****Et je passe grisailles

De tes humeurs limailles

Et de ton cœur rocaille.

Tu me prends au trémail

Ton corps est un corail

Qui m'écorche et m'entaille.

 

 

****Je veux que tu tressailles

Comme fièvre en semailles

Et lumière en vitrail.

 

***Et je livre bataille

À tes seins blancs d'émail.

Je suis pris en tenaille,

Au piège de tes broussailles,

Entre tes reins, ta taille.

Ton corps est un corail

Qui m'écorche et m'entaille.

 

***J'entrouvre le portail,

Tu m'ouvres le fermail!

Désirs en éventail,

Plaisirs en épousailles,

Je franchis la muraille.

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Nuit blanche 7/7

Publié le par modimodi

Le temps passe sur nous,

Emportant nos passions.

 

Et ta chambre s'anime.

Aubade au jour qui naît!

Les oiseaux doucement

Ont repris leur envol

Et franchi la fenêtre,

Emportant dans leurs ailes

Nos soupirs et nos songes

Emplis de volupté.

 

La mer s'est retirée,

Effaçant nos caresses,

Désourlant dans ses plis

Nos extases d'écume,

Dentelle de soie grège.

 

Et l'aube se déverse.

Dans la brume a surgi

Le fantôme laiteux

De ton île Tristan.

Son phare lance au ciel,

Pâle de la nuit blanche,

Sa joie de rescapé.

 

Chaque matin nouveau

Est une nouvelle chance!

Mais il faut se quitter,

S'arracher l'un à l'autre.

 

Porteras-tu le deuil

Des heures envolées?

Porteras-tu le deuil

Du temps, qui s'est enfui?

 

Nos yeux s'ouvrent au jour,

Mais toi seule as capté

La lumière des étoiles,

A présent, endormies

Et gardé l'infini

D'étranges voies lactées...

 

L'aurore a déchiré

Les tentures de la nuit...

Nos mains se brisent,

Défaisant un à un,

Tous les nœuds

De l'amour.

 

Mes lèvres scellées aux tiennes,

Se déchirent, se reprennent.

Ton corps tremble et frissonne,

Et de froid et de fièvre,

De peur et d'abandon.

 

Nous glissons l'un et l'autre,

L'un sur l'autre et en l'autre,

Au sablier du temps.

Nous mourons l'un dans l'autre,

Aux lueurs vacillantes

De nos regards mouillés,

Affolés et noyés.

 

Nous nous désamarrons,

Barques vides, échouées

Aux sables de la grève...

 

Tout est consumé.

La nuit éteint ses incendies

Et le jour qui renaît

A des pointes de feu.

 

Adieu ma mie,

Adieu!

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