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Les quatre vérités : 1/6

Publié le par modimodi

"C'est la vérité vraie, je te le jure et te le dis, les yeux dans les yeux ! Des yeux, ça ne ment pas !" Que de serments et de promesses se sont ainsi échangés et donnés avec même, pour faire plus vrai, genou en terre ou main sur le cœur !

Liberté chérie, Vérité vénérée, en Homme sage, tu te dévoues à sa cause! Vérité suprême, que tu respectes dans ses impératifs. Tu es soumis à son verdict, aux différents temps de ton existence, aux instants uniques de la vie et de la mort. A ta naissance, dans la délivrance du premier cri et à la dernière heure du râle de ta mort ! Grands dieux ! A cette minute de vérité, dans l'arène de la vie, tout esquive est impossible.

Quel visage a la vérité à laquelle tout le monde fait ainsi référence ? Avance-t-elle masquée au milieu des mensonges ou des erreurs ? Le mot est employé partout, sans distinction, aussi bien pour désigner une vérité formelle ou banale que pour désigner la vérité historique ou ontologique ! Elle est là, à la fois immuable et toujours en marche... Ici, elle se cache, là, elle éclate, ici, elle fait mal, là, elle rassure ! Elle est pure ou elle est trouble, habillée, ornée, déguisée, altérée, déformée, travestie, on lui tourne le dos ou on lui fait face ! Encore ne faut-il pas en être trop loin ou en-dessous !

La vérité est un concept philosophique majeur et la philosophie, une recherche de la vérité. La boucle est déjà bouclée. Avec tes amis philosophes, cherchez à la dénouer, à l'établir, tout au moins à l'approcher. Elle est abstraite, essayez d'en présenter les sens. Si elle se déballe comme un colis, tentez d'en tirer quelques ficelles !

Vrai de vrai, mordicus ! Apparemment, la vérité, c'est du béton ! Mais est-elle certaine ou incertaine ? La vérité de la Palice est une vérité vraie, mais tout le monde s'en moque, en disant que c'est un truisme, une banalité redondante, une lapalissade.

Luigi Pirandello échappe à la platitude par une esquive : "A chacun sa vérité !" La parabole de cette pièce de théâtre nous enseigne que la vérité est toujours dans le juste milieu, dans l'intervalle des convictions intimes, dans la synthèse de la thèse et de l'antithèse. A chacun sa vérité, à chacun son erreur ! Ce cher Pascal exprime aussi la même idée : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà." ( Pensées, v,294 )

Pirandello ne fait que reprendre la thèse de Platon qui, s'appuyant sur Protagoras qui affirmait que "l'Homme est la mesure de toutes choses", avait conclu que l'opinion de l'un n'est pas celle de l'autre. Quand l'un dit froid ou vrai, l'autre dit tiède ou faux ! Sagesse que cette théorie du relativisme qui exige l'attitude prudente de l'étude précise et critique.

Scruter la vérité est une vertu, elle a un nom, le scepticisme. Au rabais philosophique, la vérité résiderait alors dans le sens commun, c'est à dire serait la chose au monde la plus mal partagée ! Résultat : il n'y aurait pas une vérité mais des vérités, réunies dans une unité de sens !

Un proverbe persan dit : "Un cheveu sépare le faux du vrai." La vérité n'est pas évidente, elle entraîne la modération et incite à la prudence. Aimer la vérité, c'est être ouvert aux autres et au monde, et aimer autant leurs idées que nos opinions.

Philosophiquement, la vérité est synonyme de conformité avec la réalité. Dire la vérité, c'est avoir l’expression de ses idées ou de ses jugements, en fidélité avec ce qui existe. La connaissance des faits s'appuie sur leur perception. Il ne devrait donc pas y avoir d'erreurs de jugement. La vérité est un accord à l'existant. Chimère n'est pas vérité mais idée fausse sans consistance réelle. La vérité n'est pas dans l'apparence. Il faut choisir d'être ou de paraître.

Inlassablement, poursuivons notre quête. Provisoirement, méditons le dernier mot d'Emmanuel Kant qui disait, dans Les Pensées : "L'apparence requiert art et finesse ; la vérité calme et simplicité."

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Nuit blanche 5/7

Publié le par modimodi

Prends le large 

Et mes mains!

Oh! Merveilles, ô mystères!

Nos doigts ont glissé,

Cheminé l'un vers l'autre,

Creusant des ravines

Sur le satin du canapé.

Cordes tressées,

Entrelacées,

Mailles fragiles d'un filet.

 

Nos mains se lacent,

Nos doigts se nouent,

Nos mains se croisent,

Nos doigts s'enlacent...

Savant ouvrage,

Points d'Alençon,

Travaux d'aiguilles et de navettes,

Tendrement engrêlés,

Tendrement lisérés,

Écrins brodés,

Fils de soie ennoués,

Points de Venise et d'Angleterre,

Points de rose et points de Bruges,

Tendre réseau d'or et d'argent!

Nos doigts festonnent des dentelles.

 

Mais nos mains se déchirent

Et nos doigts se reprennent.

Nos yeux se cherchent,

Nos mains se soudent

À la nuit qui se noie

Dans la mer qui se brise.

 

Cris déchirés d'un goéland,

Lune de cendres...

Nos corps s'étoilent

De désirs magnétiques,

Nos peaux se frôlent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

 

Frissons d'archets,

Vibrato d'Amati,

Méditation de Thaïs,

L'amour tressaille...

Promesse d'alliages,

Gerbes de feux et de tisons,

Coulées brûlantes

De fébriles caresses.

 

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

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Mystères

Publié le par modimodi

* Pour me dorer la pilule, est-ce possible que tu ne m'aies dit qu'amant?

* Quand on a été à cheval sur les principes, peut-on, grisé et survolté, mourir d'une fièvre, un samedi soir?

* Aux antipodes ou à l'extrême, est-ce que les interdits sont tabous?

* Si, dans la vie, on n'est jamais sûr d'avoir de l'oseille, la mort qui vient en douce, est-elle aigre heure?

* Un amour absorbant évite-t-il les fuites et les fausses couches?

 ** Être pendu à ses lèvres, est-ce une nouvelle façon de lui faire la moue? 

** Le dernier cri du condamné, clamant son innocence, est-il criant de vérité?

* Est-ce, parce qu'il nous fait perdre la tête, que l'amour s'exécute et se conclut parfois par une peine capitale?

* Est-ce par pendaison qu'il se donne la mort ou par remords, qu'il se repent?

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Nuit blanche 4/7

Publié le par modimodi

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

 

Je voudrais être au large,

Dériver sous le vent.

Je voudrais être flot,

M'engouffrer au chenal.

Je voudrais être lame,

Me briser aux écueils.

Je voudrais te rejoindre,

Atteindre l'autre rive,

Accoster sur ton île.

 

Viens, viens,

Laisse moi me baigner

Dans le bleu et le vert,

Au corail de tes yeux

Verser larmes de ciel.

 

Laisse-moi clapoter,

Déposer mes baisers,

Coquillages en fleurs,

Anémones tremblantes,

Aux nacres des écumes

Des roulis de ta chair.

 

Laisse-moi chevaucher

La houle de tes hanches

Rouler et balancer,

Danser sur tes frissons,

Ondoyer près de toi!

Oh! Viens, viens!

Entends le désir

Qui tremble dans ma voix!

 

 

Et tu hisses la voile

De ton bras blanc, tendu

Entre mer et ténèbres.

Je cours dans le gréement,

Saute jusqu'à la hune,

Monte dans les haubans

Jusqu'au mât de misaine.

Plus haut, plus haut,

Toujours plus haut!

 

Je dors dans la dunette,

J'y ai posé mon cœur.

Ô mon amour,

Nappe d'or constellée,

Pluie d'étoiles versant

De longs sanglots d'azur,

Souffle aux mille alizés!

 

Prends la mer,

Largue tout,

Les amarres et les voiles!

Je reste sur le quai,

Je t'attends et t'espère.

Lentement, prudemment,

Serre le vent,

Vire de bord!

 

Prends le large et...

Mes mains!

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Boules de comme

Publié le par modimodi

* L'amour, c'est comme la charcuterie, un assortiment de jambonneaux pour de futurs lardons.

* La mort, c'est comme le cafard, un parasite en idées noires.

* La vie, c'est comme le lien, qui nous noue, toi et moi en bouquets pour la gerbe.

* L'homme, c'est comme le compas, quand on l'a dans l’œil, faut pas tourner autour ou l'aimer aveuglément.

* Le sexe, c'est comme la lorgnette, on exagère toujours l'importance du petit bout.

* La mort, c'est comme la vésicule, qu'on se fasse ou pas de la bile, elle vous donne les foies.

XX* Les femmes, c'est comme les adjudications, les "en chair" sont montées.

* La vie, c'est comme la mort, elle se paye sa tête.

* L'amour, c'est comme la mort, arrêt, qui aime "ad vitam aeternam".

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Nuit blanche 3/7

Publié le par modimodi

Le temps a jeté l'ancre

Au sein de cette chambre.

Entre toi, entre moi

Toute parole est vaine.

 

Aux griffes du sommeil,

Tu luttes, sombres et renais.

Envol de l'ange,

Face à face,

Cœur à cœur,

Peur à peur...

 

Lagoya égrène des sanglots de guitare,

Pleur à pleur...

Glissement silencieux

Aux nacres de tes joues.

D'un poème sans je t'aime,

Mozart réécrit son Requiem.

"Lacrimosa dies illa"...

 

Nuit en corolles

De satin bleu et noir,

Fleur à fleur reposée

Dans les vases, oubliée.

Mains ouvertes et données

Aux ombres parfumées.

 

Et les meubles étirent

Leurs jointures noueuses.

Feux des cristaux,

Carafes et flacons

Aux couleurs de l'été.

Les oiseaux ont niché

Dans le vert du tableau.

Un arbre se déhanche

Sans espoir de printemps,

Et tout son tronc se tord

A pousser au soleil

Ses bois entrelacés.

 

Tu viens de t'endormir...

Ouvertures de Verdi...

Tu rêves de Venise,

Saint-Marc illuminé,

Sa place qui roucoule,

Le pont du Rialto,

Et celui des soupirs.

Un gondolier te chante

D'antiques barcarolles.

 

Et tu es Colombine

Aux feux du carnaval.

Je te sais vénitienne,

Héritière des lagunes,

Des tableaux de Guardi.

"Oh, saro la piu bella!

Tu, tu amore

Sola, perduta, abbandonata"...

 

Tout se bouscule,

Mots enflammés,

Rêves ou réalité...

Puccini ou Musset

"Dans Venise la rouge,

Pas un bateau ne bouge..."

 

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

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Le cheval

Publié le par modimodi

Héros des chansonnettes,

Ami des devinettes,

Tu caracoles, en tête

De tendres historiettes.

 

Tu n'as jamais la flemme!

Fort°° t'a mis en poème,

Et d'hivers en printemps,

Tu vas par tous les temps!

 

Boulonnais ou flamand,

De labour ou pur sang,

Tu t'appelles Jappeloup,

Pile-poil ou Casse-cou!

 

À hue, à dia, holà!

Et un, et deux, et trois,

La ruse pas à pas,

Glisse cheval de Troie!

 

Et deux, et trois, et quatre,

Cheval blanc d'Henri IV!

Belle robe d'albâtre,

Montur' de Cléopâtre!

 

Crin Blanc ou Tornado

Cheval noir de Zorro!

Bouton d'or, la jument,

Montur' de d'Artagnan!

 

C'est le vent qui décorne,

La Dame à la Licorne!

C'est l'amour qui embrase

Les sabots de Pégase!

 

Mulet ou canasson,

Bête à manger du son,

Avoine ou Picotin

Pour Bibi Fricotin!

 

Soif ou faim, c'est tentant!

Éternel hésitant,

L'âne de Buridan

Rit de toutes ses dents.

 

Rossinante, la rosse,

Tire et roule sa bosse,

Le fiacre ou le carrosse

Du roi d'Prusse ou d'Ecosse!

 

Toi, t'aim' Jolly Jumper,

La Lucky Luke sister,

Volubil' galopeur

Aux sabots de boxeur!

 

Cow-boy d'un jour, héros,

Fais claquer ton lasso!

Matador de l'enclos

Fais le grand rodéo!

 

Depuis quatre saisons,

Tu t'montes l'bourrichon

Et d'élans en rebonds

Saut' au cheval d'arçons!

 

Perspectiv' cavalière,

Tu a mis des œillères,

Papattes et fers en l'air!

A terre, l'écuyère!

 

Où sont ris d'autrefois,

Doux plaisirs villageois?

Carrousel de la joie!

Valsez, chevaux de bois!

 

Finies les courses folles!

Y'a plus qu'au music-hall

Ou bien sous les capots

Qu'hennissent les chevaux!

 

Tous les paris sont faits:

Tiercé, quarté, quinté,

Jamais à l'arrivée,

Plus d'sous au porte-monnaie!

 

Et qui s'y frotte, s'y pique

Aux doux plaisirs hippiques!

Si tu suis la Chimère,

Cheval dire à ma mère!

 

°° poème de Paul Fort: "Le petit cheval blanc" chanté par G. Brassens

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Mystères

Publié le par modimodi

** N'est-elle pas folle la guêpe de rappliquer dard, dard, en bourdonnant et en disant "après, je me taille."

** La vie, n'est-ce pas, ad libitum, une affaire de con! On conçoit ou on concourt, on conjugue ou on concède, on concorde ou on combat, on complique ou on concrétise, on condamne ou on compatit... Quand la mort conclut en vous congédiant, on... condoléances... un point, c'est tout!

XX* Les gays sont-ils des boute-en-train?

* L'amour vache rumine-t-il ses vengeances?

** N'est-ce pas un métier de chien d'être roi ou d'être saint, d'être King Charles ou Saint Bernard?

* A faire l'amour avec un vieux croûton, ne risque t-on pas d'être trempé comme une soupe?

** Pour préserver sa fleur de lys ou d'oranger, doit-elle se garder de faire la belle de nuit ou de tomber dans la gueule de loup?

XX** Quand elle mouille, la femme famélique, se fait-elle percer jusqu'aux os?

** Si on en croque pour les miches, n'est-il pas normal que l'amour soit croissant?

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Nuit blanche 2/7

Publié le par modimodi

Mystérieuse et infinie,

Inaccessible et souveraine,

Toi!

 

Ô éphémères instants

Du tout premier regard,

Brume bleutée et irisée!

Arc-en-ciel du destin,

Pont silencieux, tendu

Entre toi, entre moi

Où déjà sous les arches

S'étire l'indicible...

 

Passerelle de nos mains

Aux doigts entrecroisés...

Premier frisson,

Première peur,

Premiers liens,

Brûlures!

Flammes tourbillonnantes

De l'enfer de tes yeux.

Premier fer d'esclavage!

Enchaîné, asservi,

Galérien par tendresse!

 

Mais, le pont s'est brisé

Et nos doigts ont glissé

Jusqu'à se séparer...

Première rupture ou trahison,

Première brèche...

Le désir est à gué,

Nous voilà, eaux dormantes...

 

Ta chambre s'est remplie

Des froissements de soie,

Du tambour de nos pas,

Des éclats de nos voix.

Les oiseaux sur le mur

Ont repris leur envol,

Tournant autour de nous

Nous effleurant de l'aile.

 

Et l'île s'est noyée

Dans les creux de la nuit.

Le phare seul lance au ciel

Sa peur de naufrager.

Murmures de la marée,

Bruits de filins rouillés,

Aux ancres attachées.

Plaintes aux souvenirs

D'antiques traversées.

 

Il pleure des embruns

Des amarres échouées...

Et ton corps désarmé,

Chavire lentement

Dans les sillages creux

De ce fauteuil satin.

 

Le temps a jeté l'ancre

Au sein de cette chambre...

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Ixode

Publié le par modimodi

Qui a pu te piquer,

Ta baguette, ma fée ?

Morgane est endiablée,

Survoltée, excitée

Et par l'ixode, hantée !

 

Ell' me lance un défi.

Pouh ! Un pou, sapristi !

Au cœur de mes écrits !

Quell' bestiole, l'a piquée,

Guêpe, frelon, tsé-tsé ?

Pourquoi vouloir en sus,

Pour l'univers G+

Me secouer les puces ?

 

Quelle épopée épique !

Cactus, qui tombe à piques

Sur mon cœur romantique

En glace et en à pic !

Ma poésie antique

Tout en tocs et en tics,

Avait langue d'aspic,

Boul' de mots, porcs-épics !

 

La voilà qui rapplique

Sous forme d'une tique !

Pas besoin d'acariens

Pour mes vers, bons à rien,

De maladie de Lyme

Pour ma prose en déprime !

 

Je n'ai pas la méthode

Pour conduire en exode,

Cette vilaine ixode.

J'ignore quel oxyde

Et quel insecticide

Ou combien d'électrodes

Pourront occire l'ixode .

 

De grâce, délivrez-moi

De la harpie des bois !

J'ai déjà les moustiques,

Les impôts et le fisc

Qui me saignent et me piquent

Et ma peau et mon fric !

Ô pauvre République !

Ô peste bucolique !

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