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Lettre à une absente : ultime intervalle ! 3/3

Publié le par modimodi

"Tu me manques", m'as-tu dit ! Et souvent même, tu t'es montrée pressante.

Ma douce amie, tu dois savoir qu'iI faut des intermèdes dans une relation de couple et que le désir d'amour se régénère pendant l'entre-actes ! Dans ces moments forts, il ne s'agit pas de manques mais de surabondance de plaisirs et de débordement de jouissances. La plénitude a besoin de transitions pour se ressourcer et subsister.

L'immédiateté ne fait pas durer l'amour à travers le temps. Entre la satisfaction et le désir, il y a parfois loin de la coupe aux lèvres. Alors loin de moi l'idée, mon amie, qu'une tendre relation peut survivre si on ne s'y attache que de loin. Il faut de la complicité et de la proximité mais paradoxalement aussi de l'audace pour expérimenter, jusqu'où aller ou ne pas aller trop loin.

La gestion de l'intervalle entre deux êtres suppose de la fermeté dans le sentiment qu'on éprouve. Elle requiert aussi de la chance pour ne pas être en porte-à-faux et en décalage d'attentes et de désirs...

Notre environnement fait parfois le grand écart. La pensée se distend et le bon goût se relâche quand un apôtre du mal-dire affirme que le sens de l'humour et du doigté sont nécessaires à qui est assis, le cul entre deux chaises !... Hélas ! Il n'y a pas d'intervalle dans la bêtise !

A moins de mépriser l'autre, il n'est permis à personne de devenir hautain et lointain. Mais comme le voyageur en avançant croit voir reculer l'horizon, la passion qui nous anime repousse sans cesse nos limites. Non ! L'intervalle entre deux êtres n'est pas un piège dans lequel, on tombe comme dans un cul de basse fosse ! L'autre bien qu'absent est toujours présent au plus profond de notre moi secret ! Aimer c'est prendre sur soi, avec soi et en soi ! Aragon l'a chanté :

"Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure                                           Je te porte dans moi comme un oiseau blessé                                                Et ceux-là, sans savoir, nous regardent passer                                                Répétant après moi, les mots que j'ai tressés                                                  Et qui pour tes grands yeux,tout aussitôt, moururent.   

Il n'y a pas d'amour heureux.                 

Tâchons l'un et l'autre de faire mentir le poète ! Le manque n'est un risque que pour les défaillants, ceux qui se renient eux-mêmes en manquant à leur parole intime. Qui se dédit se trahit lui-même ! Les fugueurs des amours buissonnières se volatilisent comme leurs serments de sable gonflés par les tourbillons du vent. Le mot "lâche" porte en lui cette richesse sémantique du pusillanime faible, du traître méprisable et du capitulard qui a desserré le nœud de sa promesse.

Même dans les intervalles d'une relation, il faut se tenir de près, à ses convictions. Tu as raison. Y mettre trop de distance, c'est s'exposer à être soi-même distancié, à errer entre deux souvenirs, à s'égarer entre deux engagements. L'homme n'est fait ni pour l'esquive ni pour le renoncement mais pour l'affrontement avec l'avenir. Il doit d'ailleurs y laisser sa vie. Alors moi, je ne passe pas, je demeure. Tu es en sûreté avec moi, près ou loin de moi.

Toi et moi, nous ne sommes ni ne serons jamais divisés. Nous nous tenons dans l'unité du temps, la poésie, la beauté et le vent. Tu es la fleur qui se donne au fruit. Moi, j'habite à jamais ton mystère, l'espace secret de ta solitude et je cours heureux comme un enfant, vers la source de ton regard intérieur. Nous ne sommes qu'une trace, un sillage dans l'azur, la preuve du risque d'aimer.

Oh ! Amie, je sais que tu sais, qu'il nous faut rester encordés et ne pas distendre le fil du vivant. Sur notre chemin de vie, il vaut mieux aller, progresser sans se retourner. Je veux à jamais chanter et murmurer en toi. L'amour dans notre intervalle aura toujours le dernier mot... Mais un jour, j'espère lointain, il faudra provisoirement se séparer. La mort comblera définitivement l'intervalle d'avec la vie !...

Ce jour-là, dans le bruit des cymbales sonores du destin, retentira le "dies irae, dies illa". Alors, porté par les anges qui nous ont escortés, viendra se poser à jamais en ton cœur, cet oracle des mots de René Char : "Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore."

 

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Amour aveugle 1/3

Publié le par modimodi

Ô mon amour, mon embellie,

Mon imperceptible éclaircie,

Quand mon cœur traversait la nuit,

Tu m'attendais dans l'infini.

 

Comme l'étoile du puits,

Tu as surgi, m'as ébloui,

Jetant en pluie de confettis,

Poudre d'azur et pierreries.

 

Eros n'est pas un antiquaire,

L'Amour est un diamantaire.

Il offre aux amants, solitaires,

Saphirs et rubis en rivières.

 

Pour que Cupidon, sagittaire,

Perce leurs cœurs, ces lapidaires,

Gangues de pierres et de lumière

D'éclairs de passion incendiaires.

 

Oui ! Tu m'en as mis plein les yeux,

J'ai de quoi en remplir les cieux.

Mon cœur n'a pas de contre-feu

Je demande un cessez-le feu.

 

J'avais imploré mes aïeux,

Secrètement le grand bon Dieu

De m'ôter les tourments sableux

De ce jeteur de poudre aux yeux.

 

Fidèle, un peu moyenâgeux,

Je refusais d'être cendreux,

Petit amoureux poussiéreux,

Aux songes creux et nuageux !

 

Je voulais que mon cœur neigeux

Se fusionne au tien peu à peu,

En étincelles, à petits feux,

Jaillissants lors de nos aveux.

 

Tu m'as envoyé mille foudres,

Je n'ai plus l'temps de me dissoudre !

Mon cœur fait flick, mon cœur fait flack !

Je me noie dans la premièr' flaque !

 

Ah ! Je n'y ai vu que du feu !

J'ai fondu pour tes grands beaux yeux !

Je suis aveugle, je n'y vois goutte,

Je perds la vue ! C'est la déroute !

 

Si tu as toujours ton cœur d'or,

Emmène-moi à Épidaure !

Des ténèbres, je voudrais guérir

Mais pas d'amour, dois-je en mourir !

 

Prends mon bras et tiens-moi la main,

Que je ne trébuche en chemin.

Je suis comme Œdipe et Tobie,

Je porte les yeux de la nuit.

 

 

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Le début et la fin 3/3

Publié le par modimodi

Depuis les prodiges de la Genèse et la promesse évangélique de la vie éternelle, l'espoir est à n'en plus finir ! Les meilleures choses n'ont jamais de fin ! C'est toujours la première fois !

Le temps qui passe n'est qu'une fraction d'éternité... toujours en devenir !

Au long de sa vie, tout Homme est un éternel débutant. Qu'il réalise une action ou simplement qu'il se réalise, chacun peut-être ainsi :

-un nourrisson vagissant, aux premiers sons brayés et balbutiés et répétés ensuite, année après année, dans ses excès de joie ou de colère,

-un bébé dans ses premiers pas, de fourmi, de tortue, de géant, plus tard, un novice progressant dans ses projets,

-un écolier ébaubi et béat, épelant en hésitant son premier b,a, ba, qu'il ne fera que répéter dans les nombreuses banalités de son existence,

-un cancre, bon premier des bons à rien, de ceux qui repartent sans cesse de zéro, à l'école permanente de la vie,

-un éternel débutant à son banc d'écolier, un perpétuel apprenti toujours au banc d'essai de ses entreprises, un actif en constantes expérimentations,

-un étudiant dans l'introduction de sa dissertation ou un apprenti bonimenteur développant avec application tous ses arguments,

-un bizut timide dans ses premières classes, un bleu avec ses armes au pied, soudain devenu blanc, au premier coup, plus tard, le même toujours ému devant une superbe beauté canon,

-un jeune premier, dans ses primes émois, aveuglé à première vue, puis toute sa vie durant, un perpétuel amoureux ébloui par les feux d'amour et d'artifices,

-un vigoureux échange physique sans préliminaires, un rapport sans précautions et après, des amours de passage,

-un puisatier qui remonte à la source, un éclusier dont les rêves d'aval en amont suivent la rivière et le fleuve pour atteindre l'océan,

-un néophyte chimiste à ses nouveaux tubes et essais ou un grand chef préparant dans son laboratoire, une mise en bouche, en avant goût du menu dégustation,

-un hallebardier de théâtre, à sa toute première entrée comme l'Homme ce comédien, éternel débutant sur la scène de la vie.

Et ainsi, pourrions-nous aligner les exemples, à n'en plus finir ! A votre tour, imagineriez-vous la suite et le développement dans le temps de ces quelques situations... Que diriez-vous devant :

-un concepteur, promoteur d'idées neuves et originales,

-un scientifique dans ses axiomes et postulats,

-un sentencieux, par principe, dans un a priori,

-un pionnier et un explorateur en premier lieu,

-un parvenu qui se croit le premier venu,

-un croque-mort à son point de départ,

-une ballerine entrant dans la danse sans la peur de la contredanse,

-un mécano de première main avec le doigt dans l'engrenage dès sa première mise en route,

-un électricien survolté, vite mis au courant,

-une manucure qui se fait la main,

-un vampire qui se fait les dents,

-un pénitent condamné d'emblée, au péché originel,

-un novice aux prises avec sa première expérience mystique,

-une pensée avant propos,

-un avertissement sans frais ni préavis,

-un pianiste dans un prélude,

-un écrivaillon rédigeant son prologue et sa prime préface,

-un jeune politicien éloquent dès le préambule de son discours.

Et pourquoi pas imaginer encore ?

-Archimède se jetant dans le bain avant sa savonnette,

-Dieu ou le numineux hasard s'enflammant pour sa création et jaillissant pour une entrée en matière, dans une première étincelle,

etc, ad libitum...

Car chacun se met encore à rêver d'une éternelle jeunesse ! L'académicien se croit perpétuel ! La belle lifte son destin ! Plus de peau de chagrin mais le velouté d'une peau de pêche ! Plus de vieille peau, plus d'usure du temps, de fatigue inutile, c'est toujours l'heure H pour faire la bombe ! Dans les afters, tout le monde s'éclate dans les artifices de fêtes improvisées. Partout, ça gaze ou pète la forme car ce n'est pas aujourd'hui, la fin des haricots ! ...

"La fin me donne faim ! Y penser ça creuse !" disait le fossoyeur en mordant à pleines dents dans son casse-dalle ! A la bonne heure ! Car pour l'heure, ce n'est pas encore le début de la fin ni le dernier quart d'heure, tant que vous n'avez pas avalé le fatal bouillon d'onze heures, le bloody mary, le mort-ito, la mort subite, le dark cocktail !

Où que vous soyez, tenez-vous en éveil, il n'est point temps du dernier sommeil ! L'essence précède l’existence. Cherchez donc la cause première !  Buvez la bonne parole ! Vous pourrez boire l'eau de vie, jusqu'au bout de la nuit ! Tout est bonheur et don du ciel. La providence divine ou pas, est charitable.

" Demandez et vous recevrez ! " ... Un bon œil d'aigle pour le dernier des Mohicans, un bon pied marin pour le premier quartier-maître ! Ce n'est pas l'heure, de tirer sa dernière flèche ni de rejoindre le port, pour y jeter l'ancre ! Stop ! Halte-là aux prédicateurs de la dernière heure ! A la fin des soldes, seules les fins de mois sont dures, à la fin de ma vie, seule la fin de moi sera dure, et dure dur !

Car en fait, amis terriens, nous ne savons rien. Dans notre conception humaine, forcément limitée, le monde n'a peut-être, qu'un début et pas de fin !... Nous cherchons à percer le mystère, à tout savoir et tout comprendre. Certains disent qu'ils savent. Ils mentent !

La voie qu'ils indiquent est une voie sans issue. N'écoutez pas ces rusés charlatans qui régulièrement prédisent la fin. La disparition de l'humanité reste une abstraction, un plan sur la comète en folie, un mythe horrifique. La destruction du monde reste dans l'absolu, un vain fléau, dit divin ou une peur millénariste. Il y a forcément un commencement de la fin, mais la fin est incertaine et ne justifie pas qu'on s'arrête à des arguments, somme toute, moyens !

En définitive, seul l'échotier s'y retrouve, mais toujours en fin de conte et l'avenir se chargera bien de lui régler son propre compte. Il peut se tuer à rabâcher ses prophéties et multiplier ses avertissements, il est déjà lui-même, en voix d'extinction. Il n'aura pas le dernier mot ! Ne vous rendez-pas à ses prédictions, opposez-lui, une fin de non-recevoir. Méfiez-vous des prêcheurs et des prophètes !

Avec ce type de raseur, un conseil : ne cherchez pas à tenir le cou, coupez court ! A la fin des fins, n'attendez pas d'être au bout du bout, ni à la dernière extrémité ! Mettez fin à la sinistrose, tout finit par s'arranger !

A quoi bon d'ailleurs s'inquiéter durant toute notre vie, d'une histoire dont nous connaissons tous, la fin ! Même pour celui qui ne sait ni A ni B, l'alphabet de la vie s'épèle de A à Z !... Alors amis, agissez et affrontez l'adversité, acceptez de recevoir et accordez votre pardon, accueillez votre frère et aidez votre semblable, admirez la beauté et améliorez l’œuvre, ancrez vos convictions et approfondissez vos connaissances, avancez en vous et vers les autres et aimez, en toute confiance ! A la fin, d'ailleurs, espérer constitue déjà un bon début.

Finalement, c'est entre le début et la fin que se glisse la durée, que s'introduit l'intervalle, que s'écrit l'histoire d'une vie, d'une époque et du monde. Nous sommes fondamentalement, tous des citoyens de ce monde, inscrits dans la durée, une durée indéterminée...

Nous portons tous en nous, le début et la fin des renouveaux incessants ! C'est sans fin, que nous sommes, jusqu'à la fin inconcevable des temps, l'ébauche et l’avènement, la finition et la définition, de l'amour et de la vie ! Chaque jour est le plus beau des jours ! C'est peut-être cela le commencement de l'éternité !

 

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Superstitieux 2/2

Publié le par modimodi

Tu crois aux esprits et aux dieux,

Aux planètes comme au merveilleux,

Tu perces les signes des cieux,

Tu es un grand superstitieux !

Tu as des rites, plein de lubies,

Le vendredi treize, à tout prix,

Tu veux gagner à la loterie !

 

Mais c'n'est pas encor' pour cett' fois !

Tu aurais dû toucher du bois,

Serrer très fort la main d'Fatma,

Jurer ou croiser les doigts,

Répéter Abracadabra

Ou refiler ta langue au chat

Pour toi avoir la baraka !

 

Pour jouir d'un'chance incroyable,

Faut qu'les augures soient favorables !

Mêm'si au fond de toi, tu sais

Qu'il faut savoir tout accepter,

Destinée et fatalité,

En secret, tu n'peux t'empêcher

De jouer l'apprenti sorcier !

 

Faut le grand malheur repousser

D'une gerbe d'épis de blés,

Exhiber des porte-bonheurs,

Se faire tatouer un p'tit cœur,

Et avant qu'la belle ne s'effeuille,

Il faut ensemble franchir le seuil

Pour éloigner le mauvais œil !

 

Faut savoir conjurer le sort,

Laisser le malheur au dehors !

Pas d'parapluie dans la maison,

Pas d’œillets, cactus ou mouron,

Ou c'est les pépins par millions !

Pas de chapeau noir sur le lit,

Ce se'rait la fin d'l'astrologie !

 

Il faut toujours garder confiance,

Assembler les coïncidences

Et s'accrocher à ses croyances !

Au festival de la voyance,

T'es mêm' allé chercher la chance !

Tu t'es fait tirer les cartes :

Tu épouseras un steward !

 

On t'a lu les lign' de la main,

Vous aurez un tas de bambins !

T'es allé à Nogent l'Rotrou

Pour consulter l'grand marabout,

Le Manitou de Tombouctou !

Tu élèveras des caribous

Dans le Perche et dans le Poitou !

 

L'avenir est au fond d'la tasse

Ou sous la s'mell' de tes godasses !

L'araignée, soir, midi, matin,

Tisse patiemment ton destin.

L'amour parfume ton logis,

Odeurs d'encens, flamm's de bougies,

Tu fais des vœux, crois aux étoiles.

 

Tout le ciel est ton thème astral !

 

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Lettre à une absente : soupirs à distance 2/3

Publié le par modimodi

Ma tendre amie, "tu me manques", m'as-tu dit ! Oh ! Je crois savoir ce que tu souhaites !...

Qu'à l'échelle du temps, je te fasse la courte échelle, la plus courte possible !... Que l'espace entre nous demeure un espace vital !... Que cette interruption momentanée de l'image et du son ne soit pas relâche de la représentation... Que nous ne soyons pas des intermittents du spectacle... Que mes acrobaties du cœur ne te fassent pas le grand écart !

Mais je te l'ai déjà expliqué, tout est relatif dans l'appréciation de l'intervalle de contacts entre deux êtres. Pour l'un, trop loin, pour l'autre, trop près !... La distance et le temps évoluent et se conjuguent dans l'estimation de l'attente des retrouvailles ! Hier nous allions l'un vers l'autre, à pied, à dos d'âne, en diligence, en omnibus, aujourd'hui, c'est en avion !

Tout s'accélère, nos battements du cœur et nos mots d'amour ! De la missive en malle-poste, au télégramme et au mail instantané ! Hier nous avions nos soupirs pour faire entendre notre souffle, aujourd'hui, de la voix dans le téléphone au direct sur Skype, nos cris du cœur sont désormais parlants et expressifs !

Certes, nous sommes tous deux, dans un intervalle espace-temps distendus et provisoirement séparés par nécessité. Mais comme nous savons garder le contact, nous ne nous perdons pas de vue !...  Tu apprécieras ici, l'ironie de cette expression populaire. Alors ? Même si chacun tourne dans son bocal, ne sommes-nous pas comme on dit "heureux comme des poissons dans l'eau", même si, nous sommes toi et moi, bouche bée et inexpressifs, paralysés d'attendre. Nous nous efforçons simplement de ne pas nous écraser le museau sur la paroi de l'aquarium, où depuis belle lurette, nous avons appris à nager.

Oh ! Mais profondément heureux, certains le sont réellement ! Je te parle du banc de mes frangins qui savent nager dans les remous de l'existence. Pour détendre l’atmosphère de mes joyeux drilles et accorder répit à leur réflexion agitée du bocal, je les interromps parfois.

Un court instant, je leur offre un intermède sentencieux au petit sourire malicieux... Je les apostrophe : "Qu'on se le dise, gais compagnons ! Rien ne justifie jamais la mise à l'écart d'un être cher ou l'éloignement d'une belle." Car je suis malheureusement, certain qu'il y aura toujours un affreux macho qui se plaira à ironiser : "Sauf, si elle est belle de loin mais loin d'être belle !"

Attention ma chère absente, ne souffre pas de cet interlude ! La non-présence d'un être cher ne signifie pas non plus l'oubli temporaire ou définitif. Elle peut n'être qu'une privation momentanée par impossibilité physique d'être ensemble.

Le rêve utopique de l'ubiquité pourrait prendre alors toute sa force dans "Etre à la fois ici et ailleurs." Si physiquement, c'est encore impossible, par la rêverie ou les rêves nocturnes, par l'élan amoureux ou mystique, c'est depuis toujours réalisable et mieux qu'en hologramme.

Toi, sans doute, ne te l'ai-je pas assez exprimé, mais toi, tu réalises ce prodige ! Tu es en moi, omniprésente sans le savoir et parfois même contre ma volonté. Tu es une part de moi-même, une douce et charmante habitude, la volupté fugace d'un infini délice.

Il est admis que l'absent qui fait défaut peut laisser à son partenaire une impression de vide et de désertion. Celui-ci peut se sentir alors seul ou abandonné. Il peut s'isoler et se retirer dans le vallon pour épancher son cœur aux sources fraîches. Il ira peut-être se percher sur un promontoire pour orgueilleusement braver la tempête de son désordre amoureux ! Dans sa quête d'amour absolu, il déclamera aux nues sa mélancolie en traînant son ennui. Laissons-le tendrement souffrir et pousser son lamento romantiquement lamartinien : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé !"

Cet état de retrait orgueilleux, de réclusion apitoyée traduit peut-être un manque de confiance dans la solidité de la relation vécue. En effet, l'incertitude spécifique de nos propres sentiments peut provoquer la crainte de tout perdre. Plus l'amour qu'on croit profond est effondré ou creux, plus nous nous enfonçons dans l'abîme de la dépression. Plus l'impression de vide nous happe et plus la séparation est un gouffre qui creuse notre cœur.

Au quotidien, le coude à coude, le côte à côte et la main dans la main sont bien sûr préférables au dos à dos ! Pour traverser l'existence, mieux vaut être proches dans l'effort qu'en opposition ou confrontation. Mais on ne peut pas toujours être collés serrés, il faut aussi laisser de l'espace pour agir et individuellement prendre sa place dans l'action.

Il faut encore réserver de la marge pour permettre les ajustements du cœur et prévoir des interlignes pour que s'expriment ses silences. Il devient souvent nécessaire de prendre du recul pour garder la lucidité, conserver la vue d'ensemble et faire le point. Une relation est ainsi faite de constants réglages et de régulières accommodations pour conserver, à distance calculée, des perspectives constructives.

Se replier dans l'introspection douce et recueillie ne signifie pas prendre le large, se détacher de l'autre ou l'abandonner. Les sentiments ont besoin de la mécanique de précision du cœur. Le mien, tu le sais, bat au métronome du tien.

Les poètes l'ont chanté ! Amants unis ou séparés, nous ne pouvons nous approcher du soleil sans nous brûler les yeux. La lumière comme la liberté exige de se tenir à distance du feu et des entraves. Tout au plus, pouvons-nous vivre les fulgurations de l'amour et tenter d’attraper comme les papillons le font, en frôlant les lucioles, quelques fugitives étincelles. Aimer, c'est chasser les ombres dans la transparence du cœur.

Chacun de nous vit et parcourt ainsi son chemin de poussières et d'étoiles. Mais personne ne sait exactement estimer et précisément quantifier le temps des différentes périodes de la vie. Quels intervalles, quelles limites à l'enfance ? Quid de la maturité, de l'automne, de la nuit qui s'avance dans la ténèbre ? Y a-t-il des bornes à la douleur quand le temps coupe les liens ?...

Se plaindre de la distance est parfois le signe d'une propre crainte, celle de ne pas tenir soi-même la distance. Qui ne supporte pas l'espacement, souvent doute de lui. Alors, dans sa course contre le temps, celui-là ne sait pas prendre de pause et n'a pas encore perçu que le silence participe de l'harmonie.

Ainsi, en est-il pour tout homme de la petite musique du cœur. La pause, humble complice du silence n'est pas l'arrêt de la sérénade. Entre nous, pas d'arrêt définitif, pas de brisure, juste une interruption de la ligne, une discontinuité dans l'échange et la présence.

Nous devons être rassurés. Au lieu de nous séparer ou de nous diviser, nous prenons matériellement conscience que l'intervalle nous relie indéfectiblement l'un à l'autre. Il assure nos cœurs d'une permanence de sentiments. "Heureux les amants séparés / Et qui ne savent pas encore / Qu'ils vont demain se retrouver."

 

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Poignées d'amour

Publié le par modimodi

Tu peux m'aimer à bras le corps,

Me murmurer encore ! Encore !

Moi, je t'aim' de plus en plus fort

A en remplir tonneaux, amphores.

 

Avec toi, j'peux en faire des tonnes !

Je suis barrique, je suis bonbonne,

Je suis tout repos et confort,

Je rassure par mes contreforts.

 

Avec moi, nos amours mijotent.

Menu complet à la popote !

Tu te régales et tu fais "gloup" !

Du bonheur de ton gros plein d'soupe !

 

J'suis ton marmiton, je fais tout :

Rots et pâtés, potées, ragoûts.

J'vais te cuisiner mon p'tit chou !

Mille et un délices. Oh ! Seins doux !

 

De l'amour, j'ai à profusion,

Ras mon chaudron, plein mon bedon !

De Noël à Pâques aux tisons,

Aime-moi de tout' ta passion !

 

Monte-moi sur le bourrichon,

Enfourche le vieux canasson,

Donne caresses, à-coups, frissons

Mais n'casse pas le vase de Soissons !

 

Je ne veux que t'aimer d'amour,

J'ai de la soie et du velours !

Pour t’emmener jusques aux cieux,

J'ai mêm' le plus beau train de pneus !

 

Tu peux toujours avoir confiance !

Jamais je ne perds contenance.

Donne-toi à moi en aisance,

Et enlace-moi avec les anses.

 

Je suis ton pot, je suis ta cruche,

Quand tu m’susurres : Oh ! Ma baudruche,

Allons ! Ne fais pas ta nunuche,

Je veux que sur moi tu te juches !

 

Je boudine entre mes bourrelets.

Je ne suis pas laid, mais replet

Et je sais que cela te plaît,

Quand nous jouons au tourniquet !

 

Quand sur moi, toi, tu te trémousses

De tendres assauts en secousses,

J’admire tes deux pamplemousses

Et contemple ta lune rousse !

 

Alors ma douce, ma mie, mamour

Attrape mes poignées d'amour,

Ne crains pas roulis et tangage,

Agrippe-toi au bastingage !

 

Inutile d’appeler les secours,

Accroche-toi à mes contours !

Fais l'amour à ton gros balourd !

Aime-le, jusqu'au point du jour.

 

 

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Le début et la fin 2/3

Publié le par modimodi

Au début était le bruit ou le silence, le souffle ou la parole ! Au début, était le son ! Au début était le mot... Tu l'ignores, tu le supposes !

Toi, qui le cherches, sais-tu que la mort seule, aura le dernier mot dans l'éloquence de son silence ou le fracas des trompettes du Jugement dernier.

Sagesse ou folie, il faut vivre chaque instant comme un début et non pas comme une fin. Il faut vivre chaque fin comme un nouveau départ. La seule assurance, c'est celle de la promesse...

Chacun le sait plus qu'il ne le perçoit ou ne s'en rappelle. Le premier cri de la délivrance a marqué son irruption dans la vie. De même, certains croient que c'est le premier souffle biblique qui a donné le coup d'envoi de la création.

Pour ceux qui croient au ciel, l'évangile ésotérique de St Jean leur donne une précieuse indication : " Au commencement était le Verbe ! " Voilà ! L'origine du monde est déclenchée par le Logos divin qui fonde l'univers avant de s'incarner pour demeurer parmi les humains. C'est ainsi que tout commence ! C'est ainsi que naît le mystère du cosmos, de la terre et de l'existence !

"Dieu" ainsi nommé, accomplit son entrée en matière et en action. Il crée les premiers temps de la valse des planètes, les premières mesures de la ronde des galaxies, les premiers pas de la danse des étoiles et met en marche le carrousel des constellations. Fiat Lux !

Son entreprise magicienne donne l'aurore au cosmos. L'éclat du premier matin préfigure tous les matins du monde. Un éclair de génie ébauche dans la lumière tous les éléments de l'harmonie. Il leur donne forme et fait apparaître les êtres vivants dans leur infinie diversité et leur extraordinaire beauté. Le pur Esprit est féerie, il inaugure ainsi le temps primordial de la grande aventure humaine.

C'est l'avènement de la Vie ! Ab ovo ! L'éclosion est un jaillissement d'éléments gazeux, embryonnaires de prodiges. De la grande omelette cosmique naît notre terre et avec elle, les grandes interrogations : qui de l’œuf ou de la poule ? Dieu est-il un papa-poule ?

Certains crânes d’œuf restent à jamais brouillés avec la question et certaines faces d’œuf refusent de tout gober, en niant tout à plat ! Je connais un "saint" André qui est pire que saint Thomas ! Il refuse ces cucuteries de bondieuseries et appelle le Sauveur, Monsieur Jésus... Notre amitié est la plus forte.

D'ébauches en esquisses, l'évolution est engagée, en développements permanents, en extensions et expansions dilatées. Tout est rythme et musique, du temps naît le contretemps, du début naît la fin ! Mouvements des cycles permanents : Perpetuum mobile !... ad vitam aeternam... tout au moins, jusqu'à l'apocalypse !

Réjouissons-nous tant qu'on le peut ! Hava Naguila, Hava Nabila ! Non ! Mais quoi ? God knows what ! Découvrira-t-on enfin, le pourquoi du comment, le comment du pourquoi, le sens ou les sens de l'existence ? Verra-t-on le plan de la grande architecture, à défaut de rencontrer le Grand Architecte ? A quel prix, par quels moyens et à quelle heure ?

In fine, où est le début de l’œuvre, où est la fin du cercle, est-on vraiment au point central ou au point mort ? Tourne-t-on en rond ou a-t-on mal tourné ? Sommes-nous déjà au terminus ? L'arrivée se juge-t-elle au finish ? Interminables questions, sans fin, éternelles, jusqu'à la fin des temps !

Au cœur du croyant, qu'il soit parieur pascalien au tiercé de la sainte Trinité ou croyant de bonne foi, la "bonne nouvelle" évangélique a diffusé le message de l'espérance salvatrice dans un autre monde promis. Elle a transformé l'idée brutale de la mort en "Grand départ !" Inscription baptismale pour la nouvelle course céleste, le grand marathon du paradis ! Le départ pour l'inconnu ! Un seuil à franchir, un pas, un saut, une entrée dans le lumineux mystère, là-haut, tout là-haut...

Après tous les mea culpa, les pénitences répétées et la multiplication des prières de repentance, avant la face contre terre pour éviter la chute, voici le joyeux "rira bien, qui rira le dernier, avec les anges et les archanges !" Oh ! La grande et la petite joie de s'envoyer en l'air !

Un remède au désespoir qu'après, il n'y a plus rien ! Miracle de l'eschatologie ! Dénouement inattendu ! La fin est devenue début ! Une inversion inédite du processus où le terme est un recommencement, l'initiale d'une nouvelle vie ! Le retour vers le futur, l'involution ab utero, vers l'unité. Un voyage dans le temps et une expédition pour l'au-delà...

En quelque sorte, chacun aura ou aurait droit à une seconde naissance immatérielle, à l'instar du Christ Phénix ! Alors, pour renaître de ses cendres, il faudrait bien sûr, avoir le feu sacré et ne pas avoir de retard à l'allumage ! Mais hélas ou heureusement, nos feux sont d'artifice, de Bengale et de joie. Pas du feu de Dieu ! Rien d'extraordinaire ! Nous ne sommes que des lucioles, de petits feux follets pour la nuit éternelle.

Bonheur et gloire aux crédules ! Pour chacun d'eux, cette révélation est un cadeau inespéré, un sacré subterfuge, un formidable défi spirituel qui naît dans le cœur des hommes. Miracle, merveille et prodige ! Dieu sait comment, mais les voilà capables, par l'opération du Saint Esprit d'éviter brutalement la sortie définitive et de pouvoir jouer encore les prolongations paradisiaques ou infernales.

Ainsi, quand tout est achevé, quand l’œuvre est accomplie, quand le plat de résistance de la vie est consommé, rien n'est définitivement perdu ! Chacun peut désormais mourir de sa belle mort ! "Ce n'est pas la mort !", dira le futur bienheureux ! Ainsi, pourrait-on même comprendre ceux qui font le mort, vivant !

Par l'opération du Saint Esprit, l'esprit borné n'a plus de limites. Il peut passer d'un extrême à l'autre. C'est la fête aux neuneus ! A l'extrême onction, c'est in extremis, que celui-ci est mort de rire, jaune d'huile de saint Chrême !

Gloire donc au primitif, à l'esprit obtus car l'ouverture des angles devient possible, tous les angles sont arrondis. Il n'y a plus de point final, de point de non-retour, juste des points de suspension, un arrêt momentané de l'image et du son. Dans ce cas de figure radieuse et bienheureuse, si on expire, c'est pour prendre un second souffle céleste ! Rien ne cesse, ni ne dégénère car tout régénère ! Tout se transforme pour l'éther-nité !

Incroyable, me direz-vous, à n'en pas revenir ! D'ailleurs, à mon humble connaissance, personne n'en est jamais revenu, même en avatar ou en ectoplasme.

Alors, chevaliers de la terre ronde, fils de Dieu et filles de joie, faites comme moi !... Et que la fête continue ! Dès ici-bas, souriez aux anges ! C'est la seule figure de circonstance !

 

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Superstitieux 1/2

Publié le par modimodi

Ventrebleu et ventre-saint-gris,

Tu portes amulettes, grigris,

Patt's de lapins et fer à cheval !

Tu lis dans ta boule de cristal,

Tu as la ferveur zodiacale,

Sans horoscope, t'as pas d'moral,

Tout le ciel est ton thème astral !

 

Tu crois aux anges et aux démons,

Les esprits sont dans ta maison.

Les lutins dansent sur les tisons,

Le génie dort dans le chaudron.

Les planètes sont en position,

Les signes sont en relations,

Tu crois aux astres, aux prédictions !

 

Tu as des tas de protection :

Trèfles à quat'feuilles, à foison,

Des coccinelles en collection,

De l'eau bénite en aspersion,

Invocations, incantations,

Signes de croix et dévotions.

T'assumes tes superstitions !

 

T'as plein de formules fétiches :

Si l'vendredi, toi, tu t'en fiches,

C'est le dimanche, que tu pleurniches

Et qu'ton canich' cass' la potiche !

T'as mêm' pris un nouvel amant,

Parc'qu'il portait un roug' piment,

Autour du cou, en talisman !

 

On ne peut être treize à table,

Pain à l'envers attir' le diable,

Surtout pas de couteaux croisés !

Pendant la nuit, pas de balai,

Et du pied droit, faut se lever !

Pas de gouss' d'ail sous l'matelas

Pour fair' l'amour à Dracula !

 

Attention ! Quand descend le soir,

De ne pas croiser de chat noir,

Ou bien vite, changer de trottoir !

Chasser tous les corbeaux noirs,

Se signer pour le corbillard,

Et ne pas briser de miroir,

Ou c'est sept ans de désespoir !

 

Faut pas passer sous une échelle

Sauf sous celle de l'arc-en-ciel !

Faut pas écouter le hibou,

Surtout pas la nuit du Quatre août !

Ne pas renverser la salière,

Mettre ses chaussettes, à l'envers ;

Ce fut fatal à l'oncle Albert !

 

 

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Lettre à une absente : Intervalle 1/3

Publié le par modimodi

Mon amie, mon bel esprit, c'est souvent que tu me dis ou m'écris : "Tu me manques".

Ce soupir, cette plainte, ce reproche ou ce cri m'obsèdent. Qu'expriment-ils au juste ? Les ratés de notre liaison ? Ma maladresse qui a échoué à t'atteindre et à te toucher profondément ? L'envie ou le besoin exaspéré de me voir ou de m'entendre ? Le vide que mon absence crée en ton cœur ? N'est-ce pas plutôt une expression toute faite corrélative du dicton : "Loin des yeux, loin du cœur !"

Dans les relations humaines qui unissent socialement ou affectivement deux êtres, la distance est une question primordiale. Comment se tenir ni trop près, ni trop loin pour éviter les confusions et les amalgames, l'étouffement ou l'indifférence ? Comment être en adhésion et pas en adhérence ? Quel espace choisir entre l'interstice et l'étendue, l'ouverture et l'impasse ?

En effet, sauf à choisir les tendres effusions du corps à corps, n'est-il pas préférable de veiller à conserver un espace instinctif ou négocié dans le face à face ? La fusion mène à la confusion et le miroir de soi en l'autre n'est qu'une psyché narcissique.

En échanges de communication comme en amour, je me plais à te répéter : "Le plus délicat, c'est de gérer l'intervalle !" Cette gestion est d'ailleurs autant matérielle qu'affective. Qu'il s'agisse d'un départ ou d'une absence, elle s'exprime en intonations, en mesures de longueur et en temps ! Mais nombreuses sont les nuances entre "hors de vue ou hors de portée", entre "au bout du monde" ou "à des années-lumière" ! Importante est la différence entre : "ça me paraît long !" ou "mais, c'est un siècle !" ou encore "c'est une éternité !" 

L'absence, quand elle n'est pas synonyme de disparition brutale provoquée par l'exil ou la mort n'est souvent qu'un éloignement. Les degrés d'intensité de notre perception, notre sensibilité plus ou moins écorchée, notre humeur du moment peuvent nous faire croire à un abandon, alors qu'il ne s'agit souvent que d'une vacance limitée dans le temps.

Bien sûr, ce temps est un temps vécu, c'est le nôtre ! Inutile d'en démontrer ici, l'importance psychologique. Nous avons tous ressenti un jour, le poids de la durée, de moments qui s'éternisent ou d'instants passés trop vite ! Le simple effet des intervalles de temps, pourtant strictement identiques, suivant qu'ils sont appréciés objectivement ou subjectivement, modifie notre perception !

Quand je te dis, "Amour, je serai là dans une heure !" Le laps de temps peut être vérifié sur ta montre mais cette courte absence peut être vécue différemment par toi. La conscience que tu éprouves de la durée de ce temps est alors fonction de ton activité plus ou moins prenante ou de l'impatience irrépressible que tu manifestes pour mon retour ! Gérer l'intervalle, c'est admettre les décalages de nos sensations !

Je me permets d'aviver ton érudition. Tu sais bien que les philosophes Husserl et Bergson ont précisé ces notions en parlant, l'un de temporalité liée à l'activité et, l'autre de durée vécue, de temps ressenti ! Ne trouves-tu pas que nous voilà d'un coup, l'esprit plus léger pour vivre ce manque, ce vide de l'absence ! Évidemment, chacun trouve et donne sa réponse dans le dialogue intérieur entre son cœur et son esprit !

Ne t'alarme pas ! Comment pourrais-tu admirer le soleil qui s'éclabousse de rayons dans la flaque devant toi, s'il n'y avait pas une distance entre lui, l'eau et toi ? Comment te réjouir du chant de l'oiseau, s'il n'y avait pas un espace, entre ton oreille et lui, niché dans le feuillage ? Tu t'enchantes de cette vision et de cette perception sans t’inquiéter le moins du monde de cet écart de position. Alors pourquoi te contrarierais-tu de l'éloignement passager entre toi et moi puisque l'amour rayonne en nous et que nos aveux fredonnent leur tendre mélodie !

Nous sommes toi et moi, en conjonction de pensées et d'intentions. Nous sommes étroitement attachés l'un à l'autre. Sachant que les parallèles de notre intervalle se rejoignent à l'infini d'un absolu d'amour. Nous nous aimons, cœurs battants, d'élans en soupirs, à intervalles rapprochés. Nous convergeons dans l'attente d'une prochaine jonction. Notre couple est une alliance d'espoirs, une mise en regard dans la coulisse de notre intervalle.

 

 

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Par tous les temps

Publié le par modimodi

Je t'attendais depuis longtemps.

Je me disais même : Passe-t'en !

Elle se joue de toi ! Va-t'en !

Tu as attendu trop longtemps,

Elle te fait perdre ton temps.

 

En trois mouvements et en deux temps,

Je me suis donné du bon temps !

J'avais peur de manquer de temps,

Alors, j'ai gaspillé mon temps

En vains plaisirs, petits passe-temps.

 

Tu m'es advenue entre-temps.

Plus de temps mort ! Il était temps !

J'ai dansé la valse à mille temps,

Sans un faux pas ni contretemps.

J'ai perdu la tête en rien d'temps !

 

On s'est aimé par tous les temps.

Tu m'as donné plus de printemps,

Que d'hivers et de mauvais temps.

J'ai conjugué à tous les temps

Nos corps, nos amours, nos vingt ans !

 

Au temps présent du grand beau temps,

A l'imparfait des pertes de temps,

J'ai voulu être de mon temps

En conjuguant aux quatre-temps,

Le verbe aimer à tous les temps !

 

Je t'ai perdue de temps en temps...

A présent ? J'ai tué le temps

Pour ne garder que l'bon vieux temps.

Nous le savons depuis longtemps,

Le bonheur nous arrive à temps.

 

L'amour n'est pas intermittent

Tapi dans l'ombre, il nous attend.

Pas besoin d'être combattant,

Il nous mitraille à bout portant

De frissons et désirs constants.

 

Il ne peut siffler la mi-temps,

Nous n'avons pas fait notre temps...

N'aurions-nous plus qu'un dernier temps.

Pour nous donner plus de bon temps,

A la mode et dans l'air du temps ?

 

Vent d'autan ne dure qu'un temps !

Si l'présent est notre seul temps,

De nous aimer, il est grand temps !

Je cours plus vite que le temps,

Je ne crains pas la fin des temps.

 

Laissons aller le temps au temps.

Nos cœurs battent sur le même temps,

Sans un temps mort depuis longtemps.

Passe la vie, passe le temps !

L'amour nous lie, la mort distend.

 

Nous n'pouvons arrêter le temps,

Il fait soleil, il fait beau temps.

Oui ! Je t'aime au-delà du temps,

Au futur, à l'instant, tout l'temps,

Pour l'éternité, à plein temps !

 

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