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Autant en emporte le vent 2/2

Publié le par modimodi

 

Nous n'allons pas à contre vents,

Nous allons tête et nez au vent !

Si petite pluie abat grand vent,

Nous domptons tous les éléments.

Contre les marées et le vent,

Le bonheur est un brise vent !

 

Nous ne craignons pas les coups d'vent,

Les courants froids et décevants.

Nos cœurs s'enlacent sous l'auvent.

Ta chemis' flotte au gré du vent !

Nus, derrière ce paravent,

Nos désirs nous rendent émouvants.

 

Autant qu'en colporte le vent,

Nous leur gémissons : au suivant !

Autant qu'en exporte le vent,

Nous confions nos ébats au vent

Pour que monte le plain-chant

De nos émois, tambour battant !

 

Comm´ des oiseaux, ailes au vent,

Nous fendons le ciel, en gravant

Nos cœurs, enlacés tendrement.

Notre amour glisse, en écrivant

La chanson d'amour et de vent

Que font les amants en rêvant.

 

Nos corps vont pleine voile au vent !

Nous volons en virevoltant,

En filant l'amour à tout vent.

En cœur à cœur dorénavant :

Nous prenons le temps et le vent

De nous aimer aux quatre vents.

 

Autant qu'en comporte le vent,

Nous cueillons les roses des vents,

Que nous effeuillons au levant !

Moi, j'vais vers toi, flamberge au vent

Pour que tu penses à moi souvent !

Autant t'en apporte le vent !

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Lettre aux taiseux - Éloquence 2/2

Publié le par modimodi

L'éloquence suppose au moins une élocution, des sons, une voix, des réponses orales formulées dans des paroles audibles ! Mais l'écriture sur blog, vigoureuse, enflammée, convaincante que j'offre à votre lecture n'est pas entendue de vous ! Sur vos écrans d'ordinateur ou de tablette, vous ne pouvez ouïr mon bel enthousiasme. Je ne perçois rien en retour, ni votre souffle ni votre impatience.

Si un cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire, que voulez-vous de moi ? Devrais-je contre ma volonté, rendre à mon tour, mon tout dernier soupir sans l'avoir su, un jour ? Mon âme s'envolera-t-elle tandis que mes écrits resteront lettre morte ?... Je n'avais qu'une parole, l'aurais-je tenue pour rien ?

Je ne serai jamais traité d'éloquent. Il manque le ton de ma voix et ses envolées lyriques, exaltées. Il manque les nuances des émotions et des sentiments ! Il manque l'expression des intonations, les rythmes et le phrasé, les gestes et l'échange de vos regards ! Je ne peux pas vous faire vibrer !

Je ne peux vous toucher que par mon expression écrite. Je peux être significatif par une sémantique ciselée et l'association généreuse des sens mais pas par l'art oratoire. Vous ne pourrez me reprocher ma prononciation, mon accent voire mes travers d'articulation. Il manquera toujours le souffle qui témoigne de l'inspiration !

Alors, verbeux mais pas loquace, je ne serai jamais un homme de paroles ! Vous ne pourriez me répondre à votre tour que par l'écrit chétif de vos commentaires ! Oh ! Gare aux couacs ! Un mot de travers et je prendrais illico, "un pan sur le bec" verseur de mon encrier, de la part de quelques petits canards likés ! Une claque pour un clic !

L'âne, que je suis, a beau braire pour avoir du son, le virtuel ne nous permet pas de nous entendre. Je ne pourrais devenir éloquent qu'à travers vous, en me dédoublant... Il m'arrive ainsi de vous imaginer en train de déclamer un de mes poèmes, (une fois n'est pas coutume) que vous auriez apprécié. Alléluia ! Avec votre emphase nous voici, enfin en phase ! Vous me rendriez éloquent et peut-être même grandiloquent !

Quand on n'est pas inspiré comme l'étaient Verlaine ou Musset, est-ce cela "l'art poétique" ?... Consisterait-il dans la rhétorique, c'est-à-dire dans l'art de faire couler les mots d'une plume quasi diarrhéique, pour faire déborder de lyrisme, l'émotion des lecteurs ? Mais cet art oratoire ne suppose-t-il pas un minimum de capacité aratoire chez un lecteur, au moins cultivé !

Moi, j'ai le plus souvent le verbiage à la place du verbe ! Hélas ! Mon style empâté et boursouflé vous prouve simplement que le verbe s'est fait chair et que le mot écrit ou parlé défend avec passion bien chèrement sa peau! Paroles ! Paroles ! Je suis sûrement trop elliptique pour vous ! Vous êtes sans doute, motus et bouche cousue d'or de votre silence !

D'ailleurs, si j'avais la possibilité de vous parler et d'être entendu, ne parlerais-je pas à un sourd et à une muette ? Je parie chers taciturnes que je pourrais même parler à votre nez et à votre barbe, puisque vous m'y riez déjà ! Je pourrais parler d'abondance puisque vous me faites les cornes ! Je finirais alors par croire que ma muse est une corne-muse !

 

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Grammaire Conjugaison 4/9

Publié le par modimodi

Conjugaison

 

Il faut appeler un chat, un chat !

Tous les mots sont mis au pas.

Le verbe, dans tous ses états,

Prend son temps comme une diva !

 

Il me sign' des autographes,

Au milieu d'mes paragraphes !

Désinence et terminaison,

Conjugaison en pâmoison !

 

Pas de déroute ! En route, belle troupe !

Premier, deuxième ou troisième groupe,

Chaqu' verbe se vend à la découpe !

Pour la grimace, j'vais à la soupe !

 

Il faut bien que je vous l'avoue,

Je brouille les personnes et les choux,

J'conjugue à la mode de chez nous !

Je, tu, il, elle... j'en deviens fou.

 

Je les mets sans dessus, dessous

Et quand je passe du je au nous,

Et que je veux faire mon trou,

J'me plante alors, à leurs genoux !

 

Il faut savoir prendr' son temps

Et s'balader par tous les temps

En donnant d'la voix, d'temps en temps !

Moi, c'est comme il vient, que j'prends l'temps. 

 

Je veux vivre de l'air du temps

Et ne jamais perdre mon temps.

Quand je participe au présent,

Je ne veux prendr' que du bon temps !

 

Tantôt actif, tantôt passif,

J'veux un plaisir infinitif.

Mais parfois fautif ou poussif,

Y'a le subjonctif qui s'rebiffe.

 

On me donne des impératifs

Et pas, qu'à titre indicatif !

J'dois passer en mode correctif.

Oh ! J'connais alors le tarif !

 

Quelques zéros et pif ! paf ! pif !

En style direct et punitif !

J'dois fair' cent lignes, bien appliqué,

J'me souviens de l'intitulé :

 

"Je dois apprendre à conjuguer

Le verbe aimer sans me tromper."

Alors moi, je crois mordicus

A la formul' du Prof Nimbus !

 

Si moins par moins, ça peut faire plus,

Pour tout' ma vie, c'est du bonus !

Car, à force d'être imparfait,

J's'rai un amant plus que parfait !

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Mystères

Publié le par modimodi

* Est-ce une preuve d'amour de se faire envoyer sur l’Éros?

** Les fromagers et les carillonneurs mariés doivent-ils en plus se payer la cloche?

* L'amazone amoureuse ne s'accroche-t-elle qu'à la queue de son cheval de bataille?

* L'amour qui fait son cinéma peut-il se passer: d'entractes, de bon! bon! d'exquis mots, de chocs, holà!... glacés de frissons?

* Était-elle avertie qu'en amour, une femme prévenue est doublement acquittée ou à quitter?

?§ * Même si seuls les vits comptent, les trous duc sont-ils des bâilleurs de fond?

** Est-ce qu'on peut-dire que la création de l'homme ne tient pas de boue puisque Dieu le forma du limon de la terre?

* Quand un merlan fait les yeux doux à une morue, dans l'intention de la dessaler, est-il frit ou déjà grillé?

* Le maître étalon fait-il bonne mesure en amour?

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Ringard 1/2

Publié le par modimodi

Tu vas en prendre pour ton grade !

Tu recules en pleine escalade,

Tu abandonnes la barricade,

Tu n'es pas fait pour l'estocade,

T'es le roi de la débinade,

Le champion de la débandade !

T'es un hasbeen, un rétrograde !

 

Un imprévu te désempare,

Tu t'crois coincé, tu d'viens hagard,

Sitôt, tu regrett's, t'es pleurnichard :

C'était mieux du temps d'l'oncle Oscar !

 

T'as trois ou quat 'métros d'retard

Et tu restes sur le quai d'la gare,

Tout bête, agitant ton mouchoir...

Puis, tu r'viens à ton point de départ !

 

T'es un vieillot, t'es un ringard,

T'as qu'des regrets sur ton dossard,

La nostalgie pour étendard.

Si tu mises, tu choisis l'tocard !

Tout se barre, même l'heureux hasard !

 

T'es à la mode, cell' du bizarre !

D'vant l'époque, tu fais l'grand écart.

T'es rococo, c'est tout un art !

Lunettes, en forme de guitare,

Brocards, foulard, toque en renard,

Pompes en lézard, vert épinard,

Tu t'prends pour César ou le tsar.

 

Dans la winstub du vieux Colmar,

Pour un 'tite gretchen de Rouffach,

T'es l'coq au riesling de Dambach !

Ton air périmé, décalé

A réussi à attirer,

Cette timide effarouchée,

Le cœur et le feu au plancher !

 

Elle ne pourra pas t'approcher,

T'es un timide et un gaucher ;

Ses avances, tu as repoussées.

Aucune chaussur' n'va à ton pied.

T'es un langoureux déchaussé !

 

Au progrès, tu es opposé.

Fût-elle une reine de beauté !

Tu as peur de la nouveauté.

Oh ! Cette oie blanch' de la paroisse,

C'est d'la poisse, de la boul' d'angoisse !

 

À la rigueur, un vieux fossile,

Une rosière encore habile

Pourraient te faire battre des cils !

Car pour ton cœur de romantique

Il t'en faut une, chantant cantiques,

Une chaisière apostolique,

La Vestal' de la Rome antique !

 

 

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Bête comme mes pieds ! 2/3

Publié le par modimodi

Ô muse, seras -tu réjouie de ma prise de conscience que j'espère salutaire !

Je le reconnais, je ne suis pas seulement un écrivain aux vains écrits "sans queue ni tête", je suis aussi "bête comme mes pieds". La preuve ! Je poétise à coups de poing et à "coup-de-pied" ! Je suis boiteux, je porte bot et je n'aime pas "le son du cor" .

Ô vous, les petits cadets de Gascogne, pas de faux espoirs, vous n'arriverez qu'à me "tirer des vers du nez" ! Je suis rosse tant soit peu !  Alors méfiez-vous de mes coups de rapière, de mes coups de plumes, de mes coups de sang de rimailleur et ferrailleur gascon !... "Je peux, avec panache, de quelques simples vers // vous fendre sur le champ, la raison et le cœur !"

Sont-ce là, me direz-vous, de subits excès de classicisme élégiaque, de nostalgie lyrique, de regrets hellénistiques tragiques ou une simple illusion canonique de la "Pléiade poétique" ? Je ne sais ! Mais que voulez-vous ! Loin du phare d'Alexandrie, ces deux alexandrins épiques et submergés de prétention sont promis au naufrage ! Je ne suis qu'un poète maladroit, qu'un héroïco-romantique à la Cyrano, qui tente de vous chanter le pathétique de l'amour, en vous faisant en cachette, ses petits "pieds de nez" !

Voyez ! Comme je "prends mon pied" ! Je ne bats pas la mesure au pif mais au contraire, avec application. Je me contrôle au podomètre. Je me suis toujours efforcé de respecter la cadence de la métrique, mais trop de petits coups de cœur faussement poétiques, m'ont rendu arythmique !

J'abuserais, paraît-il, de démesure alors que d'autres me reprochent de versifier en demi-mesure ! Comment mesurer toute l'exactitude de ces remarques sans être, à mon tour, abusé outre-mesure dans les grandes largeurs ?

Oh oui !  J'aime pourtant ma terre de langue française aux ceps chargés de promesses, toutes fécondes de poésie ! Sur ses sarments, je fais serment de la servir aux quatre saisons de la belle et vigoureuse inspiration qui fermente en moi !

Oh oui ! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses" pieds de vigne" afin que "la grappe" ne soit pas "en deuil" ! Oh oui ! Je veux bien m'enivre r: "Et maintenant, ô fleurs du vignoble natal, // Je bois à vos noces fécondes !"

Voyez ! Je vous admire tant, Lamartine, Hugo, Apollinaire, en vos maisons de poésie que je lève mon calice, trop souvent d'amertume ! Voyez, ô vendangeurs des coteaux de l'azur : "Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme." Moi, aussi je tremble et je titube. Ma poésie "perd pieds" ! Dans La Nuit Rhénane, vous pouvez hausser les épaules : "Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire."

Oh oui ! Mes bons amis poètes, "Avec le chant lointain du dernier rossignol // Et les premiers cris de la grive" , avec "le chant du batelier", ici même, "au pays des illusions, // à travers la nuit violette", je vous offre l'harmonie d'un bouquet élégiaque de mes quelques pieds d'alouette !

Je voudrais bien avoir la veine du poète, qui part toujours du "pied droit" et qui ne connaît pas la douleur du "contre-pied" ! Alors que je verse et controverse de plein de "pleins-pieds" boiteux ! Mon piédestal a les marches branlantes, j'accède difficilement sur le "marchepied" de la reconnaissance. Ah ! Si je pouvais, au moins, de "plain- pied" accéder au vers-librisme, je pourrai versifier à découvert !

Holà ! Méchants censeurs, n'empiétez pas davantage sur ma liberté créatrice et ne me marchez pas sur les petons ! Je ne sais que trop que j'ai mis mes "deux pieds dans le même sabot" et que je poétise trop souvent "à cloche-pied" ! J'imagine votre vicieux plaisir de mettre à terre, "à pied" et à "dix pieds sous terre" un pauvre poétaillon !

Ne serait-ce pas, dans ce cas, le vocable de pervers perd-vers qui vous conviendrait le mieux ? Mais ce qui me rassure, c'est qu'à ce point, vous ne parviendrez quand même pas à "dépoéter" plus haut que vous n'avez l'trou du cu-lot !... Mauvais calcul ! Je me trompe encore, il va me manquer un pied, je voulais dire: Vous ne parviendrez pas à "dépoétiser" plus haut que vous n'avez le trou de vers !

Ouiv! Force m'est de constater que le mauvais génie m'a "coupé l'herbe sous le pied", je ne peux plus hélas, que brouter et versifier à "pieds nus". Mes cadavres exquis ont déjà "un pied dans la tombe !" C'est la fosse commune des rimailleurs sans talent qui "s'emmêlent les pieds" en tombant !... Au lieu de versifier à tombeau ouvert, je n'ai déjà que trop piétiné sur le tapis des désillusions. Je vais devoir "mettre pied-à-terre" !

Avec mes petits pieds à pirouettes, pour faire diversion ou pour vous divertir, je suis le plus souvent, le gentil digitigrade de la poésie. Mais je me plante, je me voûte et j'en prends pour mon grade ! Miel alors ! Vous n'êtes vous-mêmes que de vilains ours mal léchés, vous grognez en foulant mes rares lauriers au pied. Ne croyez-vous pas que j'aurais mérité pour le moins de sortir de vos griffes et d'être plutôt votre palmipède distingué !

Ô muse, assez de ruse, viens vite à mon secours !

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Autant en emporte le vent 1/2

Publié le par modimodi

Fidèle à tous tes commandements,

J'applique la loi des amants.

Je t'épargne les boniments

Des prêcheurs, des moulins à vent,

Des infidèles, des mécréants,

D'anciens et nouveaux tests amants.

 

Je t'offre mes plus doux serments,

Emportés comm' des cerfs-volants.

Je suis fervent, je suis ardent,

De tendresse récidivant.

Dans les coussins de ton divan,

Je m'abandonne à toi, rêvant.

 

Je prends ta main, je prends le vent.

Ton corps est mon sable mouvant.

Je m'y enlise en ondoyant.

Comme dans la nuit, l'engoulevent,

J'y glisse délicieusement

Et j'y meurs silencieusement.

 

Notre passion n'est pas du vent

Qui mollit dès le jour levant,

Ell' se nourrit de l'air du temps.

Loin des tempêtes, des ouragans,

L'autan emporte nos tourments,

Autant qu'en emporte le vent !

 

Notre amour va selon le vent

Mais ce n'est pas un mauvais vent !

L’alizé est notre courant.

Plus fait douce heure que violents,

Éventés et cruels instants !

Autant en remporte le vent !

 

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Lettre aux taiseux -Éloquence 1/2

Publié le par modimodi

Il est des phraseurs et des beaux parleurs qui ont aussitôt les mots pour le dire, pour ne rien dire souvent. Ceux-là sont dits éloquents, comme moi, peut-être !

Oui ! Je n'ai de cesse, gonflé d'espoir et d'illusions, de vous parler et vous écrire ! Je discours pour de virtuels lecteurs ou auditeurs, des muets le plus souvent, dont le silence est lui-même éloquent !

Ah ! Mais quelle bouteille à l'encre asséchée pour ma plume assoiffée de mots. Je suis le disert qui soliloque dans le désert pour les cailloux et les chameaux. A force, je déblatère et déblatère encore ! J'ai la harangue sur le bout de la langue généreusement tirée !

Je nomadise dans les dunes des réseaux sociaux. Au milieu des mirages, j'emprunte d'un pas lent de caravanier, les voies tracées pour les méharistes aux songes sableux ! J'irrigue même ici et là, dans l'espoir de créer une oasis mais le sol est ingrat. Il ne convient souvent qu'aux espèces acclimatées aux zones arides et incultes.

Je suis une espèce désolée et adaptée, réservée aux esprits stériles. Je m'enroche pour m'accrocher à l'ingratitude d'un sol pauvre et mince qui ne convient qu'aux terre-à-terre. Et si je chauffe à blanc, je prends de suite un refroidissement.

Ô vous les anonymes, indifférents, taiseux, je suis votre victime ! Mon enthousiasme subit vos variations de température et d'humeur qui éclatent et fragmentent toutes mes résolutions, pourtant dures comme la pierre. Je suis au bagne ! Un seul grain de sable suffit d'ordinaire à me gripper. Et là, des milliers de cailloux comme autant de scrupules sautant de vos chaussures, jonchent désormais le sol désertique de ma faconde inculte.

Je caquette pour rien, pour des scorpions assoupis au milieu des cactus désolés ! Quelques lézards et d'agiles vipères à corne s'insinuent au hasard d'un buisson de commentaires épineux, des araignées cherchent à tisser leurs idées, des gerboises songeuses et rongeuses de pensées recherchent quelques hypothétiques oiseaux nocturnes !

Rien ! Pas un souffle ! A peine le murmure soyeux d'une coulée de sable ! Mon style rocailleux a peut-être égratigné la moindre de vos idées. J'hésite moi-même entre l'erg et le reg ! A l'oued rien de nouveau ! J'attends comme un yucca la succulence d'une observation mais le moindre agave fait de la rétention comme un chameau cagneux !

Du fond de mon isolement, j'entends la plainte du poète : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé."... Nulle âme qui vive ! Mes paroles s'envolent dans les murmures du simoun. Mon inspiration s'y érode. J'espère inlassablement que le sirocco les poussera jusqu'à vous mais je ne suis qu'un tourbillon qui s'élève dans le vent des tempêtes ! Au matin, chaque peine en mon cœur se dépose lentement, en rosée de silence sur vos roses de sable.

Devrais-je traverser la vallée de la mort de la fantaisie dans le dessèchement de votre indifférence ? Comment vous mettre l'eau à la bouche? En quel vide, vous êtes-vous condensés ou évaporés ? Si seulement, il pleuvait des reproches !... Je peux seulement rêver sous des cascades d'illusions !

La déception assèche mes plaisirs. Quelques rencontres de hasard ne parviennent pas à les tempérer. Comment voulez-vous être éloquent, quand seul le silence vous répond en écho ?... Je vous cherche et vous espère...

Sur l'écran de ma tablette, je vois bien que vous restez sans voix ! Votre statut d'internaute voudrait m'imposer sa loi ! Mais je n'entends rien aux s.m.s, aux +1 et aux emoticons ! Je reste sur ma faim, tout assoiffé car je ne peux même pas boire vos paroles. Je ne peux que déchiffrer des signes vides.

Je ne goûte pas l'indigence de votre expression, votre prosaïsme est dérisoire. Je vais, je le crains, rester longtemps déshydraté. Je ne sais pas m'adonner frénétiquement à l'insignifiance et comme vous, béguer mes mots en style abrégé, dans des goutte-à-goutte de pensées troubles et agitées. Comment s'y abreuver ou s'en désaltérer ?

Je n'ai pas choisi la traversée du désert de votre platitude sèche et stérile. Pourquoi voudriez-vous que je m'y retire pour méditer en silence, si je ne peux parler à vos consciences ?...

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Grammaire L'exil au Bled 3/9

Publié le par modimodi

L'exil au Bled

 

Là, où je suis phénoménal,

C'est devant le group' nominal !

Je suis un vrai pro, nominal !

En pleine forme grammaticale !

 

Les consonnes ou les voyelles,

Le singulier ou le pluriel,

Le, la, les, hop ! à la marelle,

Un, une, des, en ritournelle !

 

Il ne faut jamais que j'emmêle,

Mes petits pieds dans les ficelles,

Sinon pas de septième ciel

Avec la bell' Marie-Noëlle !

 

Je dois bien mettre mes bésicles !

Pas confondre les noms, les articles !

Sinon, je redouble mon cycle,

Et je peux rouler en tricycle !

 

Mais j'me ramasse une gamelle

Et j'me prends du plomb dans l'aile,

Tout ça, à caus' du grand cruel,

Le complément circonstanciel !

 

Quand je cause avec Isabelle,

Je fais des fautes à pleines pelles !

Ma langue tient la manivelle

Qui active le carrousel.

 

Dans la grande tour de Babel,

Je frise la correctionnelle.

Bavard comme une pipistrelle,

Je n'entends pas que l'on m'appelle.

 

Oh ! Pas d'châtiments corporels,

Je m'fais remonter les bretelles !

De reproches en pluie d'étincelles,

J'auréole de mille arcs-en-ciel !

 

Par un décret ministériel,

Maîtres et maîtresses sont formels !

Je prends de suite, mon manuel

L'exil au Bled, oui, c'est cruel !

 

Je m'plante ! Je r'pique en ribambelle,

Exercices et choux de Bruxelles 

Loi du talion ou de Bescherelle

S'applique aux écoliers rebelles !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

*+ La vie, c'est comme le journal, à la une, en petites annonces puis chronique jusqu'à la dernière rubrique nécrologique!

*+ La mort, c'est comme les pneus, ça vous gonfle quand on manque d'air!

* L'amour, c'est comme le bail, une obligation de jouissance, mais il faut trouver preneur et mettre le prix.

XX + La femme, c'est comme l'eau de vie, elle vous fait macérer pour des prunes avant de vous consommer!

*+ La vie, c'est comme la boxe, elle vous pousse dans les cordes, au dernier crochet, c'est le K.O.

*+ L'homme, c'est comme la hache, il part en guerre avec une mine de déterré!

*+ L'amour, c'est comme le besoin, ça vous pousse au dénuement!

XX+ Le sexe, c'est comme la malédiction, une affaire de con-damné et de mise à l'index!

*+ La mort, c'est comme le bar de nuit, elle vous achoppe d'une dernière bière.

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